
Comment une ancienne fonctionnaire a tout quitté pour s'occuper des animaux des autres comme si c'était les siens
Elle était assise dans le bureau d'une praticienne en soins énergétiques, à court de réponses, quand quelque chose s'est déposé. La dame lui a dit ce qu'elle savait déjà au fond : elle n'avait rien à faire dans les chiffres. Qu'elle était faite pour la relation d'aide. Que ça avait toujours été ça.
Carolyn Valade a posé ses valises à Lévis. Elle a un berger australien qui lui ouvre les sentiers du bois le week-end, et une entreprise qui lui ressemble enfin. Le Coeur d'Haku, c'est son nom : visites à domicile pour animaux, promenades individuelles, coupes de griffes. Rien d'extraordinaire sur le papier. Sauf que derrière chaque visite, il y a une femme qui a mis dix ans à se rendre là.
Elle rêvait d’avoir un chien
Carolyn a grandi à Sherbrooke avec le rêve d'avoir un chien. Ses parents n'en voulaient pas. Elle a eu des souris. Elle a quand même continué à aimer les animaux avec une constance tranquille.
À l'adolescence, elle visite le programme de technicienne en santé animale au Cégep. Elle s'évanouit avant la fin de la visite, parce qu'ils parlaient d'opérations et qu'elle a une phobie du sang qui ne pardonne pas. Elle change de cap, mais garde « les œillères allumées », dit-elle, pour trouver une façon de travailler avec les animaux sans avoir à les opérer.
Elle passe une année dans une entreprise étudiante de lavage de vitres, premier contact avec l'entrepreneuriat. Plus tard, elle travaille dans une pension animale à Sherbrooke : les clients le matin, une douzaine de chiens à faire sortir. La vie fait le reste : Québec, Lévis, dix ans de fonction publique fédérale.
Elle est bonne dans ce qu'elle fait. Elle organise des journées spéciales pour remonter le moral de l'équipe, apporte de la bonne humeur dans les bureaux, fait son travail avec soin. Mais elle n'est pas heureuse. Il y a des injustices dans la gestion, des tâches qui ne lui ressemblent pas, une impression persistante d'être à côté de sa vie.
L'entreprise
Le Coeur d'Haku, c'est simple à décrire : Carolyn se déplace directement chez vous pour s'occuper de votre animal pendant la journée. Pas de pension, pas de chenil. L'animal reste dans son environnement, dans sa routine, avec quelqu'un qui se soucie vraiment de lui.
Elle offre des visites de jour, des promenades individuelles, des coupes de griffes. Le service de transport est aussi doucement en développement.
Ce qui distingue son approche, c'est la rencontre initiale. Avant de commencer, elle vient vous voir. Elle s'était dit que ça durerait trente minutes, histoire de rencontrer l'animal et d'établir la confiance. Elle dépasse régulièrement cette limite, parce qu'on se met à jaser, on découvre des points communs et la connexion se fait naturellement.
« Les gens me font vraiment confiance, dit-elle. Je suis vraiment fière de ce que ça a donné au final. »
Ce n'était pas seulement une stratégie commerciale. C'est devenu quelque chose de plus grand qu'elle ne l'avait prévu.
La permission
Après dix ans au gouvernement fédéral, Carolyn prend une année sabbatique. Son plan : se lancer dans quelque chose avec les animaux. Elle atterrit plutôt chez Desjardins, pour la sécurité financière. Huit mois plus tard, elle reconnaît les mêmes patterns, les mêmes frustrations.
C'est là qu'elle consulte la praticienne en soins énergétiques.
Elle sait que ça peut sembler ésotérique. Elle le dit elle-même, avec un sourire dans la voix : « On tombe un petit peu moins rationnel, disons. » Mais ce que la rencontre lui donne, c'est une confirmation. Pas une révélation, une permission.
Elle rentre à la maison, en parle à son conjoint. Sa réponse : « Si tu le fais à moitié, tu le feras pas. »
Il lui dit qu'il la voit malheureuse depuis un moment dans son travail. Qu'ils vont s'organiser. Qu'il est temps qu’elle se lance pour vrai.
Carolyn donne sa démission chez Desjardins en laissant un mois de préavis. Elle passe ce mois à construire : son image de marque, sa page Facebook, sa structure d'affaires. Quand le premier jour arrive officiellement, elle est prête. Les clients peuvent la rencontrer. L'administration est faite. Il ne reste plus qu'à commencer.
Ce qui l'anime
Carolyn se décrit comme quelqu'un de sociable mais introverti. Elle se ressource dans le bois, avec son chien, à écouter le vent dans les feuilles pendant trois heures sans parler à personne. Elle aime aussi les tours d'auto avec un café Tim Hortons, à explorer les arrières-rues que personne ne visite, une habitude héritée de son père et transmise maintenant à une amie proche.
Sa vision pour Le Coeur d'Haku n'est pas démesurée, et c'est assumé. « Mon but, c'est d'avoir mes clients récurrents, de vraiment triper dans ce que je fais et de juste pouvoir en vivre. »
Pas de devenir millionnaire. Pas de créer un empire. Juste avoir de l'autonomie, des relations qui durent, et le sentiment d’être à sa place.
Elle veut s'occuper des animaux des autres comme si c'était les siens. Elle le dit clairement. Et quand une petite chienne anxieuse, que sa maîtresse n'avait jamais vu s'approcher rapidement de quiconque, commence à jouer avec elle en deux secondes, Carolyn sait qu'elle est exactement où elle devait être.
Le Coeur d'Haku
Le Coeur d'Haku offre ses services à Lévis et dans les environs, incluant Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier et Saint-Henri.
🌐 Trouvez Carolyn sur Facebook : Le Coeur d'Haku
⇒ Vous connaissez un(e) entrepreneur(e) de Lévis qui souhaiterait être présenté(e) ? Écrivez-nous à info@levis.express
À PROPOS
Lévis.Express est une publication indépendante et gratuite qui regroupe des nouvelles, événements et portraits d'entrepreneurs de Lévis.